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L’APDH réaffirme son opposition au rétablissement de la peine de mort face à la recrudescence des crimes violents



L’organisation Actions pour la protection des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire (APDH) a réaffirmé, son opposition au rétablissement de la peine de mort, estimant que la lutte contre la recrudescence des crimes violents doit reposer sur une justice ferme, efficace et respectueuse des principes de l’État de droit.

Dans une déclaration rendue publique à Abidjan, vendredi 24,juillet 2026, à la suite du verdict prononcé le 23 juillet 2026 par le Tribunal de première instance d’Abidjan dans l’affaire du meurtre d’un jeune livreur à Cocody, l’APDH a pris acte de la condamnation des auteurs à la réclusion criminelle à perpétuité, l’une des sanctions les plus sévères prévues par la législation ivoirienne.

Selon l’APDH, ce drame intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des assassinats, des braquages, des enlèvements et d’autres formes de violences criminelles, suscitant une forte émotion au sein de la population et ravivant les appels au rétablissement de la peine capitale.

Tout en reconnaissant la légitimité de cette colère, l’organisation estime qu’un État de droit ne peut élaborer sa politique pénale sous le coup de l’émotion. Elle soutient que les études réalisées à travers le monde n’ont jamais établi que la peine de mort constitue un moyen plus efficace que la réclusion à perpétuité pour prévenir les crimes les plus graves.

« Ce qui décourage véritablement les criminels n’est pas la perspective de la peine de mort, mais la certitude d’être arrêtés, jugés et condamnés », souligne la déclaration, invitant les autorités à concentrer leurs efforts sur le renforcement de toute la chaîne pénale.

L’organisation rappelle également que la peine de mort est irréversible et qu’aucun système judiciaire n’est à l’abri d’une erreur. Elle relève que plusieurs condamnés à mort à travers le monde ont été innocentés des années après leur condamnation grâce à de nouvelles preuves ou aux progrès de la science.

À cet effet, l’APDH recommande l’amélioration des capacités d’investigation des forces de sécurité, le développement de la police scientifique, la modernisation des moyens de renseignement, l’accélération des procédures judiciaires, l’exécution effective des décisions de justice et la lutte contre l’impunité.

Pour l’APDH, l’abolition de la peine de mort traduit le choix de la Côte d’Ivoire de placer le respect du droit à la vie au cœur de son système juridique, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du pays.

L’organisation plaide, par ailleurs, pour une approche globale de la lutte contre l’insécurité, intégrant la prévention à travers une meilleure éducation, un encadrement renforcé de la jeunesse, la lutte contre les drogues, la création d’opportunités d’emploi, le soutien à la santé mentale, un contrôle accru des armes et le renforcement de la police de proximité.

L’APDH appelle enfin les autorités, les acteurs politiques, les leaders religieux et communautaires, les médias ainsi que les citoyens à privilégier des discours responsables favorisant le rassemblement, estimant que « la sécurité ne s’obtient pas en multipliant les exécutions, mais en mettant fin à l’impunité ».

L’organisation a présenté ses condoléances à la famille de la victime et exprimé sa solidarité envers toutes les personnes touchées par l’insécurité et la criminalité en Côte d’Ivoire, selon la déclaration transmise à l’AIP.

(AIP)








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