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Affaire Katinan: l’opposition ivoirienne dénonce une nouvelle escalade judiciaire



« Violente, brutale et grossière attaque contre l’opposition ivoirienne d’un régime aux abois. Ne cédons ni à l’intimidation ni à la peur. Haut les cœurs ! La lutte continue ! » C’est en ces termes particulièrement virulents que certains opposants réagissent à la procédure engagée contre le 4ᵉ vice-président du PPA-CI.

Au-delà du cas Katinan, cette affaire remet sur le devant de la scène la question des nombreuses convocations et procédures judiciaires concernant des personnalités de l’opposition depuis la période électorale de 2025.
« La République des convocations ? »

Damana Pickass, Justin Koua, Lida Kouassi, Marie-Odette Lorougnon, Noël Akossi Bendjo, Michel Gbagbo, Habiba Touré, Soumaïla Brédoumy, Yapo Yapo Calixte, Assalé Tiémoko et désormais Justin Koné Katinan : la liste des responsables politiques convoqués, entendus ou concernés par différentes procédures alimente les critiques.

« Mais enfin, on est dans quoi même ? Depuis 2025, ça n’arrête pas : convocations, auditions, interrogatoires… et ce sont encore et toujours des responsables de l’opposition qu’on voit défiler », s’indignent des voix au sein de l’opposition.

À ces procédures s’ajoute la question des personnes interpellées à la suite des manifestations et violences politiques. Selon des chiffres avancés par l’opposition, plus de 3 000 jeunes ayant participé aux manifestations seraient toujours détenus. Ce chiffre, provenant de l’opposition, demande toutefois à être confronté aux données officielles des autorités judiciaires.

La procédure contre Justin Koné Katinan cristallise d’autant plus les tensions que le parquet a annoncé son placement sous mandat de dépôt pour plusieurs infractions particulièrement graves, dont des « actes terroristes », un « attentat contre l’autorité de l’État », un « complot contre l’autorité de l’État » et la « participation à un mouvement insurrectionnel ».

Pour le PPA-CI, qui avait déjà dénoncé une « dérive totalitaire », ces poursuites participent d’une volonté d’intimidation et de réduction de l’espace politique de l’opposition. Les autorités judiciaires soutiennent, de leur côté, que les auteurs, complices et commanditaires présumés des violences liées à la période électorale doivent répondre de leurs actes, quelle que soit leur qualité.

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L’enjeu dépasse désormais le seul cas de Justin Koné Katinan. Il touche au climat politique général, à la liberté d’expression des responsables politiques et à la capacité du pouvoir et de l’opposition à renouer le dialogue.

Dans les rangs de l’opposition, une interrogation résume l’inquiétude exprimée : « Aujourd’hui, c’est eux. Demain, ça peut être qui ? »



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